Frédéric Winkler, fondateur de DCW Éditions

Fondée à Paris en 2009, DCW éditions s’est imposée comme une maison de lumière singulière. Plus qu’un fabricant, elle s’affirme comme un créateur d’objets justes et intemporels, conçus pour durer loin des diktats éphémères. Chaque luminaire devient un compagnon du quotidien, un témoin entre les générations, mais aussi un passeur d’histoires. La maison valorise l’inventivité des designers et l’étincelle créative, transformant la lumière en poésie, en lien, en convivialité.

interview exclusive

Frédéric winkler

Dans les coulisses de cette aventure lumineuse, nous avons rencontré Frédéric Winkler, un des 3 fondateurs de DCW éditions et voix originale du design français. Son regard d’éditeur dépasse la fonction pour faire du luminaire un objet sensible, porteur d’émotion et d’imaginaire. Aux côtés d’Ema Pradène, son amoureuse céramiste, il cultive une approche sincère, nourrie de récits intimes et de l’esprit de l’enfance.

Ancré entre Paris, les montagnes et les rivages marocains, Fred façonne un univers où l’art, le design et la nature dialoguent avec fluidité. Chaque création naît d’une histoire, chaque objet trouve sa place dans une quête d’authenticité et chaque collaboration se vit comme une aventure humaine. En partageant son quotidien, il nous ouvre les portes d’un monde où le détail n’est jamais anodin, mais l’expression vivante d’un art de vivre attentif et poétique.

INFLUENCE DE L’ENFANCE

Comment l’émerveillement de l’enfance inspire-t-il vos luminaires que vous appelez des « jouets pour adultes » ?

Nos luminaires sont pour moi comme des jouets, à l’image de ce vieux jouet mécanique des années 30 que je chéris toujours. Qu’ils soient d’hier ou d’aujourd’hui, ils gardent leur merveilleux grâce à cette jolie intention qui les a fait naître. J’aime l’idée d’objets qui vibrent sans bouger dans le temps, porteurs d’un lien secret avec l’enfance et l’imaginaire. Et j’espère que, comme ces jouets d’autrefois, les créations de DCW éditions traverseront le temps, pour être encore présentes dans cent ans.

Comment vos souvenirs d’enfance ont-ils inspiré ces « petits mondes » lumineux ?

L’idée des « Polly Pocket pour adultes » est née d’une conversation avec le designer Charles Kalpakian, à l’origine de la conception de la collection d’appliques Soul. Il évoquait l’ambiance des rues de Beyrouth durant son enfance; j’ai aussitôt repensé à mes filles et à ces mini univers que je leur offrais. J’ai toujours été fasciné par ces « petits mondes » — des termitières aux histoires de Kazuo Iwamura — où tout semble possible. Pour moi, nos maisons sont semblables : des mondes à part, magiques, presque imaginaires. Finalement, je cherche toujours à retrouver mon enfance qui, par chance, a été merveilleuse.

“Nos luminaires sont pour moi comme des jouets, à l’image de ce vieux jouet mécanique des années 30. […] J’ai toujours été fasciné par ces petits mondes où tout semble possible.”

COLLECTIONNEUR

Comment votre passion des objets est-elle née ?

Je dis souvent que je suis collectionneur — mais c’est un raccourci. Tout a commencé enfant, quand mon père m’emmenait chiner aux puces de Lyon, dans les brocantes, les ventes aux enchères. J’achetais des chandeliers, déjà captivé par la magie des bougies. Ma mère en allumait toujours une avant la chanson du soir : un rituel d’enfance gravé dans ma mémoire. Dans les années 70, j’avais même ma “bougie de luxe” : une Rigaud, avec son cylindre zébré noir et blanc et sa cire verte couleur sapin. Son parfum de Noël me revient encore parfois. Puis j’ai commencé à m’offrir des lampes… et je n’ai jamais arrêté.

J’ai compris plus tard pourquoi cette obsession : au-delà du souvenir de ma mère, il y avait le plaisir de transformer un espace. J’adorais décorer ma chambre, changer l’atmosphère sans rien bouleverser. Quoi de plus simple qu’un luminaire lorsque l’objet est juste ?  L’œil s’y accroche et la lumière fait tout : le ton, l’humeur, presque le parfum d’une pièce. La lumière, c’est ce qu’on partage — comme l’odeur du pain grillé ou de la tarte aux pommes le dimanche matin.

Les Scandinaves l’ont bien compris : de belles lampes, la bonne lumière, rien d’autre. Je suis fier qu’eux — et les Allemands — aiment nos créations pour leur exigence. Et l’Italie ? Le pays du luminaire ! C’est elle qui m’a donné envie de devenir éditeur. Ils sont excellents… mais, aujourd’hui, je crois qu’on s’en sort plutôt bien.

“Quoi de plus simple qu’un luminaire lorsque l’objet est juste ? L’œil s’y accroche et la lumière fait tout : le ton, l’humeur, presque le parfum d’une pièce.”

Philosophie éditoriale

En tant qu’éditeur, comment conciliez-vous exigence artistique et réalité du marché ?

On ne peut être éditeur sans gagner de l’argent. Nous avons eu de la chance de débuter par la réédition de la lampe Gras. Nous l’avons fait en rigolant, mais nous avons joué avec le sérieux des enfants. Sans le savoir, c’était le bon moment ! Comme un éditeur de livres … Qui aurait pu savoir qu’Harry Potter serait un succès ? Le livre a parlé à un éditeur qui l’a aimé, tout simplement, puis a calculé son risque. L’édition c’est cela : on aime, on veut le partager, puis on évalue le risque.

Il m’est arrivé de rencontrer un objet que j’adorais, que je n’ai pu éditer car cela était trop risqué. Il ne faut pas oublier que nous avons aussi une responsabilité envers ceux qui prennent le risque avec nous : je pense aux magasins, aux sites internet… Alors on fait attention, et à ce moment-là, on peut se permettre de faire des livres de poésies. La lampe ISP c’est un peu comme un recueil de poésies. Par chance, elle a été plébiscitée dès le début. Les grands esthètes connus : architectes, décorateurs, réalisateurs …l’ont acheté pour eux-mêmes. Partout dans le monde, elle a rencontré ce succès. Attention, je ne parle pas d’un succès comme le livre d’Harry Potter, mais plutôt comme le recueil Le parti pris des choses de Francis Ponge.

Racontez-nous ce succès illustrant l’équilibre entre son histoire de la conception et l’accueil des clients ?

Ilia Sergeevich Potemine avait une conviction forte : “Plus on avance, moins on saura se servir de ses mains. Le jour où on ne se sert plus de ses mains, l’Homme régressera en dessous du singe.” L’idée était donc de créer une lampe qui force l’interaction manuelle afin de conserver l’habileté et l’engagement des mains dans un monde de plus en plus automatisé. Pour l’ISP, la main devient l’interrupteur et le variateur. Dimitri Lefoulon, ingénieur centralien, a développé avec Ilia un système intérieur, digne de science-fiction pour un luminaire ! J’aime beaucoup le musée des Arts et Métiers. Peut-être qu’un jour, un futur conservateur demandera d’intégrer la lampe ISP.

Beaucoup de luminaires DCW éditions sont présents chez vous. Pourquoi ?

Avant d’éditer un objet, nous vivons avec son prototype durant quelques temps. C’est une étape test, essentielle au processus : éprouver la justesse de l’objet et de sa lumière, sa température, sa puissance… et vérifier que la pièce résiste au quotidien. Il m’est arrivé de renoncer à certains modèles, simplement parce qu’ils ne tenaient pas la distance ou que je ne les sentais pas pleinement aboutis. Comment l’expliquer ? C’est ce qui reste inexplicable.

“L’édition c’est : aimer, vouloir partager, puis évaluer le risque, comme un éditeur de livres.”

RENCONTRES inspirantes

Comment cultivez-vous l’équilibre entre surprise et intemporalité ?

Nos créations chez DCW éditions se distinguent par leur originalité, mais sans jamais chercher la provocation. J’aime l’idée que l’on soit générateur de vagues plutôt que simple suiveur. Ce que nous faisons est toujours twisté, mais cela reste classique : c’est surprenant, sans être choquant. Contrairement à certains designers que j’admire, nous ne cherchons pas à bousculer, mais plutôt à offrir un autre angle de vue, une poésie en subtilité. Certaines pièces traduisent cette quête. La lampe Niwaki de Brichet et Ziegler, inspirée des arbres japonais taillés en nuages, m’apparaît comme un objet remarquable, promis à devenir un futur objet de musée malgré un succès discret. La lampe Knokke d’Éric Dormael transpose une forêt de lampadaires urbains en objet poétique, tandis que la lampe portable de Jean-Louis Fréchin s’inspire de l’idée de capturer un rayon de soleil. La naissance des collections n’est jamais calculée : elle naît de rencontres et de moments. Comme ce rêve d’aller sur la Lune avec mon ami Bernard Paillard, devenu une série de quinze images aujourd’hui exposées au showroom de DCW éditions. Ou encore Davis Sakne, qui réalise les photos de ce reportage et dont j’admire l’œil singulier, capable de saisir ce que d’autres ne perçoivent pas : la poésie des couleurs, des reflets et des flous. C’est un peu le fils de Saul Leiter, ce grand photographe américain de la moitié du XX° siècle, qui saisit la poésie du quotidien en couleur — entre apparitions, reflets et instants suspendus.

Comment avez-vous rencontré Ema, votre amoureuse ?

Une amie lui avait donné une invitation pour Maison & Objets qu’elle ne connaissait pas. Ema découvrait alors les luminaires de DCW éditions et, sans détour, m’accusa d’être un copieur des lampes Gras, trouvant cela absolument honteux. Je lui ai expliqué qu’il s’agissait en réalité de rééditions, publiées sous licences spécifiques. Élégante et peu commune ! Elle avait quelque chose d’un personnage sorti d’un dessin animé : une grande peau de mouton jetée sur les épaules, une robe verte typique de Dries Van Noten — un vert digne d’un conte pour enfants — et d’énormes sabots de bois recouverts de peau de mouton.  Après ce premier échange haut en couleur, nous nous sommes revus. Ema m’a invité dans son atelier ; j’y ai acheté une première pièce, puis une deuxième, puis une troisième… jusqu’à ce que nos chemins se mêlent plus étroitement.

Ema est une céramiste reconnue. Esthétiquement, on pourrait la rapprocher de Claude Champy, mais avec une approche plus féminine. Nous partageons d’ailleurs une admiration commune pour son travail et vivons avec plusieurs de ses pièces. Nous aimons ses voyages entre vaisseaux spatiaux et plantes marines. Son travail puissant, provoquant le hasard est plein de vie.

“Nos créations chez DCW éditions se distinguent par leur originalité. L’envie d’offrir un autre angle de vue. Les collections naissent de rencontres et d’instants créatifs.”

 

Ema Pradère, céramiste reconnue

Au cœur de leur maison, l’atelier d’Ema s’inscrit naturellement dans l’univers qu’ils façonnent ensemble. Compagne de vie comme de création, elle incarne une présence attentive et une énergie complémentaire. Son parcours est une odyssée remarquable : cinq années et demie autour du monde avec son jeune fils, à la rencontre des savoir-faire ancestraux de la céramique. Partie d’une première immersion au Japon – où elle avait vécu, appris la langue et découvert cet art – elle a poursuivi son apprentissage en Europe, en Afrique et en Asie. Son voyage s’est achevé là où tout avait commencé, riche de connaissances accumulées et capable d’affiner un geste désormais maîtrisé.

Vous avez entrepris un tour du monde de cinq ans. En quoi cette expérience, et la découverte de la céramique au Japon, ont-elles façonné votre parcours ? 
C’est au Japon que j’ai eu la révélation de la céramique, en découvrant son lien profond avec l’art culinaire. La vaisselle, en particulier, m’a émue par la façon dont elle dialogue avec les aliments. En France, la céramique est, de nos jours, froide, trop minérale, un support sans âme. Au Japon c’est l’opposée, elle est charnelle, incarnée… un lien essentiel qui rappelle la nature dans son état d’être. Mon tour du monde a alors pris la forme d’une quête : aller à la rencontre de cultures fortes et variées, accumuler des savoirs, pour façonner peu à peu mon propre langage artistique. 

Au cours de ce voyage initiatique, quels pays ont particulièrement nourri votre vision de la céramique et quelles cultures ont laissé une empreinte indélébile sur votre travail ?
Chaque pays que j’ai traversé a eu son importance. De la Perse et de l’Égypte aux bleus intenses de l’Ouzbékistan, chacun a nourri mon regard. L’Iran a été une étape majeure : j’adore l’art préislamique iranien, c’est extraordinaire. L’Inde et le Maroc m’ont apporté la richesse de leurs traditions islamiques, tandis que l’Espagne et l’Italie m’ont reconnectée à ma « culture ancestrale » à travers de vieux villages de potiers. Enfin, le Japon a clos ce voyage de cinq ans comme un retour aux sources, où j’ai pu approfondir et affiner mon geste.

Le Japon semble être une source d’inspiration fondamentale pour vous, pourquoi ?
A mes yeux, la vaisselle est indissociable de ce qu’elle contient. Elle est en lien direct avec ce que tu manges. Chaque plat trouve son écrin : le poisson dans des céramiques qui rappellent la mer, le riz dans des bols évoquant les champs et les rivières, le tofu dans des motifs inspirés des montagnes. Cette correspondance crée un véritable cérémonial, à la fois simple et profondément agréable. Je l’interprète comme une manière, typiquement japonaise et animiste, de remercier une nature à la fois généreuse et parfois violente. « Un geste de gratitude, discret en apparence mais profondément essentiel.

Cette approche vous a-t-elle conduite à collaborer avec des chefs étoilés ? Comment se déroulent ces cocréations ?
Je collabore régulièrement avec des chefs, dans un esprit de co-création où nos univers se nourrissent. Avec Hélène Darroze, la ligne directrice était la rondeur et la douceur, en écho à son restaurant. À Marseille, les créations pour Alexandre Mazzia ont pris les couleurs de son univers : bleus de la mer, jaunes du sable, touches de corail. Mon rôle est toujours de m’adapter à leur vision : « C’est leur restaurant, leur monde à part. » Cependant, mon vert signature, que j’avais d’abord choisi pour sa simplicité prosaïque liée à la nature, revient souvent dans ces collaborations et suscite beaucoup d’enthousiasme. 

Votre formation initiale est peu commune dans le monde de l’art. Racontez-nous !
Avant de me consacrer à l’art, j’ai suivi un tout autre chemin : j’ai fait médecine. Très vite, j’ai compris que je ne pouvais plus supporter la souffrance des patients. Sur les conseils d’un professeur qui voyait en moi une artiste, j’ai poursuivi ma thèse tout en étudiant le dessin en candidate libre à Penninghen. Cette période a été essentielle, je rêvais de devenir peintre ; la céramique n’était pas encore sur mon chemin.

Votre processus créatif en céramique laisse-t-il une place à l’imprévu ? Et quel rôle la nature y joue-t-elle ?
En céramique, je ne pars jamais d’un dessin préparatoire. Le dessin et la peinture appartiennent à la peinture, mais pour la céramique, mon processus est tout autre : plus organique, plus expérimental. Je me laisse aller au hasard, puis je reprends la main si le résultat m’inspire. La nature, elle, est une constante, presque une nécessité vitale. Même à Paris, j’ai besoin d’être entourée de verdure. C’est sans doute lié à mon enfance à la campagne, dans une maison très japonisante pensée pour se fondre dans le paysage. Ce rapport intime avec l’environnement nourrit mon travail depuis toujours.

“C’est au Japon que j’ai eu la révélation de la céramique, en découvrant son lien profond avec l’art culinaire.”

 

DE LEUR MAISON AU SHOWROOM

Quel lien existe-t-il entre chez vous et votre showroom ?

Notre intérieur c’est un voyage dans le temps, en espérant toujours respirer pour demain ! Une maison qui sent bon les copains. J’ai tellement aimé les films de Claude Sautet…

Le showroom abrite DCW éditions, sa petite sœur Dix heures Dix et les interrupteurs Modelec. Lui et notre maison ont pour point commun d’être des endroits de rencontre. S’il y a une cheminée au showroom c’est parce qu’il est bon de faire une flambée le matin au moment du café, tout comme de faire griller des châtaignes à 17h. Le travail c’est la vie ! Et dans la vie il faut se faire du bien alors… 

J’ai travaillé au début de ma carrière chez Virgin. C’était une manière de vivre où tout le monde était très investi, où chacun avait choisi de travailler dans ce secteur. Cela ne m’a jamais quitté ! Les temps ont évidemment changé. Les plus jeunes aujourd’hui sont très rigoureux sur le temps de présence. Ils fragmentent leur vie en différentes activités : cuisine rime avec mur d’escalade, yoga et cours de slackline… C’est bien aussi ! L’important c’est de ne pas perdre sa vie à la gagner ! Pas de moi, mais d’Alfred Capus. 

Pourquoi avoir nommé le showroom Bar Electrique ?

Au rez-de-chaussée c’est comme une maison : on vit avec nos luminaires, les visiteurs aussi. Ouvert tous les jours de la semaine pour le public, il y a une cheminée, un îlot de cuisine, une pièce de jeu, avec un backgammon ! Pour les professionnels il est accessible, 24h/24h, 7J/7 avec une carte d’accès, et le garde-manger est toujours prêt… Tomme de Savoie et de quoi l’accompagner ! Cela permet de sentir l’objet et sa lumière. Lorsqu’un architecte met une lampe dans un projet, lorsque vous achetez une lampe pour vous-même, vous la gardez longtemps ! Peut-être une vie quand l’objet est bon. Il ne faut pas se tromper, quand c’est pour la vie. Et parfois la vie tourne, on peut évoluer. Si la lampe est bonne, elle ne se retrouvera jamais sur un trottoir, abandonnée car mal aimée. Les objets sont des témoins…

Au Bar Electrique, on vit quelque chose, on traverse un moment, une petite expérience le temps de…

 

L’escalier de votre showroom est un élément architectural spectaculaire. Quelle est son histoire et l’inspiration derrière sa conception ?

C’est l’architecte Valérie Mazerat qui m’a soufflé l’idée : « Il faut un escalier fort, un repère architectural. » Elle avait raison. Sur sa recommandation, l’excellent artisan plâtrier Sébastien Mauriac a conçu cette voûte sarrasine devenue la véritable signature du lieu. Grâce à ce geste, l’espace a trouvé son caractère et son succès.

L’OBJET FAIT ESPACE

Pourquoi, selon vous, les luminaires définissent et façonnent un environnement ?

C’est une conviction profonde. Ce sont les objets qui donnent l’âme d’un lieu car ils parlent de nous. Le total look est ennuyeux. Celui qui ne parle pas de lui, ne peut parler que des autres. Et s’il ne parle que des autres, sait-il simplement qui il est ?

Une maison c’est un nid intime, un nid pour « se vivre », recevoir, échanger et grandir ensemble. A-t-on réellement besoin d’objets ? Pas vraiment mais quand même. Certes la lampe dernier cri qu’il faut avoir pour être, je n’y crois pas et n’y souscris pas. Mais les objets racontent, parlent de notre histoire.

Il y a un couple de restaurateurs, au-dessus de Nice dans la montagne. Une auberge formidable, c’est si bon ! Tous les luminaires ou presque, viennent de chez DCW éditions. Donc pas trop moche !

Elle me demande : Cela te plait ?
– J’adore.
– Mais mon tableau avec le chien loup…ce n’est pas terrible avec tes luminaires.
– D’où vient-il ton tableau ?
– C’est celui de ma grand-mère. J’ai l’impression qu’il me porte chance.
– Alors, il a sa place, ton tableau !

Voilà, les objets sont chargés ! Depuis leur création, jusqu’à leurs voyages dans le temps et l’espace, ils parlent de nous et conversent avec nous.

Qui sont les suiveurs-amoureux de DCW éditions ? Vous parlez souvent des architectes, réalisateurs, sans jamais les citer, pourquoi ?

C’est compliqué de parler des autres. Ce n’est pas parce que telle personne connue ou reconnue a acheté une lampe, que celle-ci est bonne. Tout d’abord, elle doit être bonne pour soi ! Il est vrai que souvent les gens qui touchent avec les yeux comme les architectes, décorateurs, artistes, le monde du cinéma apprécient ce que l’on fait. C’est chouette, la tribu s’agrandit ! En tout cas, le beau n’a jamais fait de mal, j’en suis certain, il fait du bien. Merci à tous les auteurs avec lesquels nous travaillons. Et un grand merci à Gaëlle Lauriot-Prévost et Dominique Perrault. Ils nous ont suivi alors que nous n’étions pas encore un éditeur connu

Photographes

©Davis Sakne

©Clément Gérard

©Baptiste Le Quiniou